Santé mentale

 

L’adolescence, période de changements

Lorsque notre adolescente ou adolescent ne va pas bien, il est normal de s’en inquiéter. Comme parents, il n’est pas toujours évident de savoir distinguer si notre jeune traverse une période difficile propre à l’adolescence.

L’adolescence est une période de grands changements physiologiques, psychologiques et hormonaux. Il est donc normal, durant cette période, de ressentir des émotions nouvelles, de se sentir perdue ou perdu, tourmentée ou tourmenté, de vivre les évènements avec une intensité hors du commun.

C'est quoi, la santé mentale?

Diagnostic d’un trouble de santé mentale

Qui peut donner un diagnostic?

Poser un diagnostic est réservé exclusivement à certaines professions du domaine de la santé. Ces professionnelles et professionnels s’appuient sur une liste de critères précis, en plus d’évaluer l’intensité et la durée des symptômes avant de poser un diagnostic. Un suivi psychothérapeutique peut être offert, notamment, par des psychologues, des travailleuses sociales et travailleurs sociaux, des psychoéducatrices et psychoéducateurs, etc. Par ailleurs, la prescription d’une médication, si nécessaire, est un acte réservé aux professionnelles et professionnels de la santé (médecins, psychiatres ou pédopsychiatres).

Peut-on se fier à des critères vus sur Internet?

Nous avons tous des traits de personnalité qui nous distinguent et nous rendent uniques. Lorsque nous cherchons des réponses sur Internet à certains traits de personnalité, il est possible de rapidement passer du «trait» au «trouble» alors qu’il y a une énorme différence entre les deux. Avant de diagnostiquer un trouble, il est utile qu’une personnalité soit bien définie et construite, ce qui n’est pas le cas à l’adolescence. Si certains problèmes de santé mentale sont perceptibles dès l’adolescence, il est important de savoir que le fait de diagnostiquer un jeune en plein développement n’est pas toujours recommandé. En résumé, il est utile de faire preuve de prudence avec les diagnostics en santé mentale pendant l’adolescence et de tenir compte des situations que l’adolescente ou adolescent vit dans l’évaluation de son état général.

Mon enfant croit avoir un diagnostic de santé mentale: comment réagir?

Certains jeunes vont tenter de mettre des mots sur leurs difficultés en faisant des recherches, ou en consultant certaines personnes (amies et amis, proches, professionnelles et professionnels). Il peut arriver que leurs hypothèses soient justifiées, mais il faut toujours consulter un médecin pour recevoir un diagnostic.

Chose certaine, un jeune qui partage une hypothèse de diagnostic (p. ex: je crois que j’ai un trouble anxieux ou je crois que je fais une dépression), c’est un jeune qui vit une souffrance et qui tente de l’expliquer ou de l’exprimer. Il faut entendre quelles sont les émotions du jeune derrière l’étiquette qu’il souhaite poser sur sa souffrance: l’accueillir sans le juger, explorer avec lui ce qui lui fait croire cela. On peut ensuite aller chercher des informations sur la différence entre des difficultés et un diagnostic (p. ex: entre déprime et dépression, entre stress et anxiété), ce qui permet d’envisager l’ensemble de la situation et de tenter de départager certaines informations. Par la suite, vous pouvez inviter votre jeune à consulter un spécialiste de la santé mentale (intervenantes ou intervenants, psychologues) et un médecin, pour mieux comprendre ce qui se passe.

Quand consulter?
Un jeune peut traverser des moments ou des états d’âme difficiles et avoir besoin d’aide psychologique. Il est temps de s’inquiéter quand l’état général de notre jeune ne s’améliore pas ou même se détériore après quelques semaines, que sa vie sociale en souffre et que même sa motivation à étudier ou à travailler est affectée.
Quoi faire pour aider notre jeune à consulter?

Si le jeune a 13 ans ou moins, le parent peut prendre rendez-vous avec une ou un psychologue, une psychoéducatrice ou un psychoéducateur ou une travailleuse sociale ou un travailleur social pour lui.

Si le jeune a plus de 14 ans, un parent ne peut pas l’obliger à consulter une professionnelle ou un professionnel de la santé mentale. Toutefois, le jeune n’est pas tenu d’avoir l’autorisation de ses parents pour consulter. Ainsi, si vous avez sa permission, vous pouvez demander de l’aide au CLSC ou trouver une ou un psychologue dans le réseau privé. Certains cégeps et universités offrent aussi des services psychologiques à moindre coût. Cette option peut être utile pour les personnes qui se butent à une longue liste d’attente dans le réseau public.

Demander de l’aide, est-ce que ça s’apprend? Oui!

Devant un problème ou une inquiétude, les enfants ont le réflexe de se tourner vers des adultes significatifs, les parents par exemple. Mais en vieillissant, viennent l’indépendance et l’autonomie! Le jeune tentera donc de développer ses propres stratégies et ira chercher de l’aide en dehors de la cellule familiale. Cela ne veut pas dire qu’il est plus outillé pour faire face aux difficultés. On les voit comme des petits adultes, mais ils ont encore tellement à apprendre.

Montrer les différentes façons d’aller chercher de l’aide et démystifier cette démarche, qui parfois peut sembler complexe, fait donc partie de notre rôle. On peut commencer par véhiculer des messages positifs sur la demande d’aide, et s’éloigner des idées préconçues à ce sujet.

Voici quelques conseils liés à la demande d’aide dont vous pouvez discuter avec votre jeune:

Ne pas attendre d’être au bout du rouleau

C’est un réflexe normal pour beaucoup d’attendre d’avoir épuisé toutes leurs solutions ou d’être en grande détresse avant de demander de l’aide. Toutefois, il peut être utile de faire cette démarche en prévention (quand on a des signes précurseurs de déprime ou d’anxiété, par exemple). En plus de nous aider à mieux reconnaître les signes de notre détresse, cela nous outille concrètement pour y faire face rapidement, et ainsi prévenir des difficultés plus importantes qui pourraient s’alourdir avec le temps. Il n’est pas nécessaire de se retrouver dans une situation hors du commun ou en détresse permanente pour se tourner vers des ressources: toute demande d’aide est importante.

Un signe de force et de maturité

Certaines personnes peuvent voir la demande d’aide comme une faiblesse. Pourtant, cette démarche nécessite une bonne connaissance de soi, du courage et la maturité de penser qu’on a besoin de ressources supplémentaires, c’est donc plutôt un signe de force. L’être humain est un être de relations; il a besoin d’être entouré et aidé… l’idée qu’une personne devrait pouvoir régler tous ses problèmes toute seule est très irréaliste!

Les avantages du regard des autres sur notre situation

Bien que nous soyons la meilleure personne pour savoir ce qui est bon pour nous, le regard extérieur de personnes de confiance sur notre situation peut souvent être utile. Il peut parfois s’agir de l’aide d’une personne inconnue ou neutre (par exemple une intervenante ou un intervenant de Tel-jeunes). L’important, c’est d’être à l’aise avec elle. Avoir le nez collé sur une situation et nous investir émotivement à 100 % dans le problème peut nous empêcher de voir les solutions qui s’offrent à nous. Aller chercher de l’aide, ce n’est pas nécessairement pour nous faire dire quoi faire, mais pour que d’autres personnes puissent nous guider dans notre réflexion, nous aider à voir plus clair, et surtout, nous écouter et nous prendre au sérieux, ce qui peut être le premier pas pour aller mieux.

Inciter notre jeune à demander de l’aide

Démontrez votre ouverture

Afin de prévenir et d’informer votre jeune que vous êtes là en cas de besoin, vous pouvez utiliser quelques prétextes pour lui signifier votre disponibilité: par exemple, lorsque vous sentez que son moral change, que vous percevez qu’il vit des évènements ou des émotions difficiles, vous pouvez lui dire que vous le remarquez et que vous êtes là en cas de besoin d’aide ou pour parler, simplement. Vous pouvez également utiliser des évènements à l’extérieur de sa vie pour en parler (par exemple: «si tu vivais une peine d’amour comme ton amie vit en ce moment, je voudrais que tu saches que je suis là pour toi!»). Toutefois, faites preuve de patience! Si votre jeune ne vous parle pas maintenant, il le fera peut-être quand il se sentira prêt!

Écoutez, accueillez et reflétez les émotions

Cela peut sembler banal, mais c’est au contraire la chose la plus importante avant de proposer tout conseil ou toute solution. Les jeunes qui vivent des difficultés et qui décident de demander de l’aide à leurs parents ont besoin de se sentir écoutés et accueillis. Ils ont également besoin de sentir le non-jugement de leur situation pour faciliter leur aisance à s’ouvrir. Prenez donc le temps de les entendre, laissez les questions de côté pour l’instant et les conseils viendront dans un deuxième ou un troisième temps! Pour être dans une posture d’écoute favorable:

- Utilisez des formulations toutes simples comme «Je suis contente que tu m’en parles, veux-tu m’en dire plus? Je suis là pour toi et pour t’écouter.»

- Laissez votre jeune s’exprimer, normaliser ses émotions: «Je te comprends de te sentir triste pour ça, ou tu as raison d’être déçu…»

- Prenez le temps d’écouter activement et de laisser la place aux émotions du jeune pour que la discussion soit plus productive par la suite, si votre jeune sent que vous vous y intéressez vraiment et que vous avez pris le temps de comprendre comment il vivait la situation ou percevait son problème.

Félicitez et valorisez

Félicitez et remerciez votre jeune de sa confiance quand il vous demande de l’aide directement, puis invitez-le à revenir vous en parler au besoin. Il est également possible de faire un suivi quelques jours plus tard, simplement en demandant si votre discussion ou vos conseils l’ont aidé, et s’il a besoin d’autres informations ou que vous l’aidiez à chercher ailleurs.

Informez votre jeune sur la notion de confidentialité

Certains enfants et ados peuvent être sensibles et éprouver du stress à l’idée que leurs inquiétudes soient connues de tout le monde. Vous pouvez donc faire attention, lorsque c’est possible et que la sécurité de votre enfant n’est pas compromise, de ne pas partager ses confidences avec sa fratrie, par exemple, ou à des adultes de votre entourage. Toutefois, laissez-vous le droit de ventiler et d’aller chercher du soutien pour vous et pour mieux aider votre jeune. Vous pouvez aussi sensibiliser votre jeune: lorsqu’il a plus de 14 ans, son dossier médical est confidentiel et il peut donc choisir d’aller chercher du soutien sans que vous soyez au courant. Cela pourrait l’inciter à chercher de l’aide de façon autonome si une situation exceptionnelle se présentait.

Questionnez ouvertement

Tentez de partir des forces de votre jeune et de ce qu’il connaît pour le conseiller. Privilégiez les questions ouvertes face à ses problèmes ou à ses inquiétudes: «Qu’as-tu déjà essayé et qui n’a pas fonctionné? Qu’est-ce qui marcherait selon toi? Qu’est-ce qui pourrait t’aider à te sentir mieux dans la situation?» Puis ajoutez des informations à partir de ses réponses. Assurez-vous également de l’accompagner dans sa propre recherche de solutions plutôt que de proposer des conseils tout faits qui pourraient ne pas lui convenir.

Référez-le à d’autres ressources

N’hésitez pas à référer votre jeune à d’autres ressources, en dehors de la cellule familiale, pour qu’il dispose d’un maximum de références qui peuvent lui être utiles. Par exemple, assurez-vous qu’il connaisse les services d’aide psychologique de l’école (éducatrices et éducateurs spécialisés, psychologues scolaires). Vous pouvez aussi lui indiquer des ressources fiables d’informations, comme le site de Tel-jeunes ou les différentes façons de rejoindre Tel-jeunes. Vous pouvez aussi le référer à des membres de la famille élargie avec qui il a un bon lien (p. ex: tante, cousine, ami de la famille!).

Soyez honnête

Ne soyez pas mal à l’aise si vous n’avez pas réponse à ses questions. Les enfants et les ados aiment généralement l’honnêteté et ils perçoivent nos inconforts. L’important est surtout de valider son questionnement, et de l’orienter vers des ressources adaptées. En lui démontrant que vous ne savez pas tout, vous lui montrez qu’i a aussi le droit de ne pas tout savoir!

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